
1. Introduction
Claudio Monteverdi, né à Crémone en 1567 et mort à Venise en 1643, est un compositeur Italien. Ses œuvres, essentiellement vocales, se situent à la charnière de la Renaissance et du baroque. Il est considéré comme l’un des créateurs de l’opéra et, avec L’Orfeo, comme l’auteur du premier chef-d’œuvre du genre. Il est également le dernier grand représentant de l’école italienne du madrigal, ainsi que l’auteur d’une œuvre de musique religieuse polyphonique (messes, vêpres, motets…).
Au fil des ans, les Vêpres de la Sainte Vierge ou « Vespro della Beata Vergine » ont fait l’objet de plus d’éditions que toute autre composition du XVIIe siècle. Comme pour toute copie manuscrite, chaque transposition entraîne des erreurs, des omissions et finalement des réinterprétations basées sur des modes contemporains. Taléa est donc retourné à la source. En utilisant les éditions originales, nous avons pu obtenir une image plus claire des intentions de MONTEVERDI. Il ne s’agit pas d’un dièse ici ou d’un bémol là. C’est une question de couleur, d’émotion, comment le compositeur a souhaité que son histoire soit racontée. Notre travail a nécessité des heures, des semaines, des mois de recherches minutieuses qui aboutiront à l’édition de notre propre partition.
2. Les 14 Vespres – les tessitures
1. Deus in Adjutorium
*6 voix + instruments*
2. Dixit Dominus
*6 voix + 6 instruments*
3. Nigra Sum
*Tenor + instruments*
4. Laudate Pueri
*8 voix + instruments*
5. Pulcha es
*2 voix + instruments*
6. Laetatus sum
*6 voix + instruments*
7. Duo seraphim
*2 voix & 3 voix + instruments*
8. Nisi Dominus
*10 voix (2 chœurs) + instruments*
9. Audi coelum
*2 voix & 6 voix + instruments*
10. Lauda, Jerusalem
*7 voix (2 chœurs) + ténor + instruments*
11. Sancta Maria
*6 instruments + Basse*
12. Ave Maris Stella
*8 voix (2 chœurs) + instruments*
13. Magnificat
*6 voix + instruments*
14. Magnificat a sei voci
*6 voix + instruments*
- Leur origine et leur sens
1. Deus in adjuvendum (issu du psaume 70, 2, attribué à David)
Ce verset constitue l’ouverture traditionnelle aux différentes prières liturgiques du jour qu’on appelle « offices » :
- « laudes » le matin;
- « vêpres » le soir;
- « complies » au coucher
L’office des vêpres s’ouvre sur un appel pressant adressé à Dieu, pour qu’il vienne secourir son peuple.
L’ouverture des vêpres se prolonge par la doxologie trinitaire, qui est « la conclusion habituelle des Psaumes comme de la plupart des Cantiques ». Il s’agit de rendre gloire à Dieu qui est invoqué comme un seul Dieu en trois personnes : le Père, son Fils Jésus Christ, et leur commun Esprit.
2. Dixit dominus (psaume 109 de David)
« Le psaume se découpe en deux parties, sur le thème du roi, à la structure très proches :
- les versets 1 à 3,
- les versets 4 à 7.
Chaque partie commence par un oracle de l’Éternel, qui est ensuite commenté par le psalmiste.
En plus d’être un psaume royal, ce psaume peut être vu comme un psaume d’intronisation, avec quatre étapes qui apparaissent :
- le roi prend place sur le trône;
- il reçoit le sceptre;
- il reçoit l’adoption divine;
- avant d’être assuré de vaincre l’ennemi. »
Ce psaume royal est habituellement chanté lors des vêpres solennelles des dimanches ou grande fêtes.
3. Nigra sum – Le Cantique des Cantiques (Ch. 01 V. 04.)
Traduction de la Bible hébraïque ou Ancien Testament, le Cantique des cantiques est un poème interprété symboliquement chez les Juifs comme une déclaration de l’amour entre Dieu et son peuple Israël. Expliqué chez les chrétiens comme la comparaison de l’amour de l’homme pour sa fiancée avec l’amour du Christ pour son Église.
Monteverdi a éludé certains passages de sorte que l’on ne comprend pas pourquoi la personne dont on parle « est noire ».
Le texte intégral nous donne la réponse : sa peau est burinée, brûlée par le soleil, car elle a été contrainte de travailler sous ses rayons les plus ardents. C’est une allusion à la période d’esclavage du peuple d’Israël en Egypte. Mais par amour pour son peuple, Dieu l’aide à s’affranchir de la servitude et à atteindre la Terre Promise.
Le roi de ce poème représente Dieu, et la bien-aimée le peuple d’Israël.
Il l’interpelle « lève-toi et viens, l’hiver enfin s’en est allé… les fleurs réapparaissent sur notre terre », cette terre promise tant espérée pendant l’exil et représentée ici par l’image du printemps.
Dans le contexte des Vespro, ce cantique en vient à évoquer la figure de Marie elle-même, fille d’Israël à qui Dieu manifeste tout son amour, au point de la choisir pour mère de son Fils éternel.
4. Laudate pueri (livre des psaumes, psaume 112)
Ce psaume loue la bonté du Seigneur pour sa grandeur, et pour sa proximité avec les pauvres et les humiliés, en particulier lors du verset final (v. 9) qui justifie le choix de ce psaume dans les vêpres mariales
« Il installe en sa maison la femme stérile, heureuse mère au milieu de ses fils »
Il fait écho à la naissance virginale de Jésus, et à la place maternelle de Marie dans l’Église.
5. Pulchra es (Le Cantique des Cantiques Ch. 06.V3 et Ch 01. V14.)
Ici comme au n°3, la beauté de la femme du Cantique des Cantiques est mise en résonnance avec la beauté de la Vierge Marie.
6. Laetatus sum (psaume 122, Cantiques des degrés)
Il fait partie des « cantiques des degrés », ou « psaumes des montées », chantés par les israélites montant à Jérusalem en pèlerinage pour célébrer les grandes fêtes juives.
Ces psaumes comportent donc une coloration de joie, d’exultation populaire, au terme d’un long chemin, à l’arrivée dans la ville de la paix, Jérusalem. La Vierge Marie elle-même est souvent associée, dans la tradition liturgique, à la ville-mère qu’est Jérusalem.
7. Duo seraphim (Isaïe 6 :2-3, Jean I 5 :3-7.)
Les séraphins sont décrits ainsi au début du texte d’Isaïe (coupé par Monteverdi) :
« Des séraphins [se tenaient au-dessus de lui ; ils avaient chacun six ailes ; deux dont ils se couvraient la face, deux dont ils se couvraient les pieds, et deux dont ils se servaient pour voler]. ».
8. Nisi dominus (psaume 126, Cantique des degrés)
Ce psaume est un chant de joie et d’action de grâce envers Dieu. L’action de grâce est manifestée par « Yahweh a fait pour nous de grandes choses ». C’est l’évocation de la descendance nombreuse qui permet de rapprocher ce psaume du contexte marial ; Marie est vénérée comme Mère de Jésus, mais aussi comme mère de l’ensemble des croyants.
9. Audi coelum (poème liturgique anonyme)
Seul hymne proprement mariale des Vespro (avec l’Ave maris stella 12). Ce poème chante Marie pour sa place particulière dans l’œuvre de salut : elle est à la fois, pour les croyants, médiatrice, consolatrice, et exemple à suivre.
10. Lauda, Jerusalem (psaume 147 de David)
Psaume où se fait entendre l’exultation de Jérusalem pour la paix accordée par Dieu à son peuple.
11. Sonata sopra « Sancta Maria »
Issue de la prière de l’Ave Maria en latin, dans laquelle l’intercession de Marie est invoquée « maintenant et à l’heure de notre mort ».
12. Hymnus « Ave Maris Stella », poète inconnu
Hymne catholique, consacrée à la Vierge Marie, qui appartient au répertoire grégorien. Diffusée d’abord aux monastères au Moyen Âge, celle-ci devint très populaire en Europe, notamment à partir de la Renaissance. »
Dom Joseph Pothier (restaurateur du chant grégorien et spécialiste du texte latin) a analysé en détail cet hymne qui est, dans le contexte de composition poétique, très strictement construite :
- Chaque strophe se compose de 4 versets ;
- Chaque verset, de 3 pieds ;
- Chaque pied de 2 syllabes ;
- Première syllabe avec accent métrique ;
- Seconde syllabe avec accent atone, assez faible ;
- Le dernier des 3 accents de verset est le plus fort ;
- Accent métrique quasiment identique à accent tonique, celui du mot.
Ce caractère de composition selon l’accent suggère que l’origine du texte dans le royaume carolingien auquel le chant grégorien était composé d’après l’accent et non la durée prosodique. »
13-14. Magnificat – Cantique de la Vierge
Le t final se prononce puisqu’il s’agit d’un mot latin. Ce cantique porte également le titre de Cantique de Marie ou de Cantique de la Vierge et se nomme Ode de la Théotokos dans la tradition byzantine.
C’est un texte de l’Évangile selon Luc (1:46-55) dans le Nouveau Testament, qui est devenu une prière récitée ou chantée par les chrétiens catholiques. Il s’agit de paroles prononcées par Marie, enceinte de Jésus, lors de sa visite à sa cousine Élisabeth, qui est enceinte de Jean le Baptiste.
Source : Pierre-Emmanuel CLAIR, Hélène PENNANEAC’H
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Traduction :
- N°1 – Deus in adjutorium
Deus in adjutorium meum intende: Domine ad adjuvandum me festina. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. Sicut erat in principio, et nunc, et semper, et in saecula saeculorum. Amen. Alleluia. | 1 | Ô Dieu, hâte-toi de me délivrer ! Éternel, hâte-toi de me secourir ! Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles. Amen. Alleluia. |
- N°2 – Dixit Dominus
Dixit Dominus Domino meo: Sede a dextris meis. Donec ponam inimicos tuos, scabellum pedum tuorum. | 1 | Parole de l’Éternel à mon Seigneur : assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. |
Virgam virtutis tuae emittet Dominus ex Sion: dominare in medio inimicorum tuorum. | 2 | L’Éternel étendra de Sion le sceptre de ta puissance : domine au milieu de tes ennemis ! |
Tecum principium in die virtutis tuae in splendoribus sanctorum: ex utero ante luciferum genui te. | 3 | Ton peuple est plein d’ardeur, quand tu rassembles ton armée ; avec des ornements sacrés, du sein de l’aurore ta jeunesse vient à toi comme une rosée. |
Juravit Dominus, et non poenitebit eum: Tu es sacerdos in aeternum secundum ordinem Melchisedech. | 4 | L’Éternel l’a juré, et il ne s’en repentira point : tu es sacrificateur pour toujours, à la manière de Melchisédek. |
Dominus a dextris tuis, confregit in die irae suae reges. | 5 | Le Seigneur, à ta droite, brise des rois au jour de sa colère. |
Judicabit in nationibus, implebit ruinas: conquassabit capita in terra multorum. | 6 | Il exerce la justice parmi les nations : tout est plein de cadavres ; il brise des têtes sur toute l’étendue du pays. |
De torrente in via bibet: propterea exaltabit caput. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto… | 7 | Il boit au torrent pendant la marche : c’est pourquoi il relève la tête. |
- N°3 – Nigra sum
Nigra sum sed formosa, filiae Jerusalem: ideo dilexit me rex, et introduxit in cubiculum suum et dixit mihi: surge amica mea, surge et veni iam hiems transiit; imber abiit et recessit, flores apparuerunt in terra nostra; tempus putationis advenit. | 1 | Je suis noire mais je suis belle, filles de Jérusalem. Aussi le roi m’a-t-il aimée et conduite dans ses appartements, Et il m’a dit : « Lève-toi, mon amie, et viens. L’hiver enfin s’en est allé, la pluie nous quitte et s’éloigne, les fleurs ont fait leur apparition sur la terre, le temps de la taille est venu. » |
- N°4 – Laudate pueri
Laudate pueri Dominum: laudate nomen Domini. | 1 | Serviteurs du Seigneur, louez, louez le nom du Seigneur. |
Sit nomen Domini benedictum, ex hoc nunc, et usque in saeculum. | 2 | Que le nom du Seigneur soit béni dès maintenant et pour toujours ! |
A solis ortu usque ad occasum, laudabile nomen Domini. | 3 | Du soleil levant au soleil couchant, loué soit le nom du Seigneur ! |
Excelsus super omnes gentes Dominus, et super coelos gloria eius. | 4 | Le Seigneur domine toutes les nations, et sa gloire est au-dessus des cieux. |
Quis sicut Dominus Deus noster, qui in altis habitat, | 5 | Qui ressemble au Seigneur notre Dieu ? |
et humilia respicit in coelo et in terra? | 6 | Il siège tout en haut et regarde tout en bas les cieux et la terre. |
Suscitans a terra inopem, et de stercore erigens pauperem: | 7 | Il relève le faible de la poussière, il tire le pauvre du tas d’ordures, |
Ut collocet eum cum principibus, cum principibus populi sui. | 8 | pour l’installer avec les princes, avec les princes de son peuple. |
Qui habitare facit sterilem in domo, matrem filiorum laetantem. Dox. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. … | 9 | Il installe au foyer la femme stérile, en joyeuse mère de famille. |
- N°5 – Pulcha es
Pulchra es amica mea suavis et decora, filia Jerusalem: terribilis ut castrorum acies ordinata. Averte oculos tuos a me quia ipsi me avolare fecerunt. | 1 | Tu es belle, mon amie, fille de Jerusalem douce et fraîche, redoutable comme des troupes déployées. Détourne de moi tes yeux car ils m’ont vaincu. |
- N°6 – Laetatus sum
Laetatus sum in his quae dicta sunt mihi: In domum Domini ibimus. | 1 | Je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de l’Éternel ! |
Stantes erant pedes nostri, in atriis tuis Jerusalem. | 2 | Nos pieds s’arrêtent dans tes portes, Jérusalem ! |
Jerusalem, quae aedificatur ut civitas, cujus participatio ejus in idipsum. | 3 | Jérusalem, tu es bâtie comme une ville dont les parties sont liées ensemble. |
llluc enim ascenderunt tribus, tribus Domini: testimonium Israel, ad confitendum nomini Domini. | 4 | C’est là que montent les tribus, les tribus de l’Éternel, selon la loi d’Israël, pour louer le nom de l’Éternel. |
Quia illic sederunt sedes in judicio, sedes super domum David. | 5 | Car là sont les trônes pour la justice, les trônes de la maison de David. |
Rogate quae ad pacem sunt Jerusalem: et abundantia diligentibus te: | 6 | Priez pour la paix à Jérusalem et que ceux qui t’aiment jouissent du repos ! |
Fiat pax in virtute tua: et abundantia in turribus tuis. | 7 | Que la paix soit dans tes murs, et la tranquillité dans tes palais ! |
Propter fratres meos et proximos meos: loquebar pacem de te. | 8 | À cause de mes frères et de mes amis, je désire la paix dans ton sein ; |
Propter domum Domini Dei nostri, quaesivi bona tibi. Dox. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. … | 9 | À cause de la maison de l’Éternel, notre Dieu, Je fais des vœux pour ton bonheur. |
- N°7 – Duo seraphim
R Duo Seraphim clamabant alter ad alterum: Sanctus Dominus Deus Sabaoth. Plena est omnis terra gloria ejus. V Tres sunt, qui testimonium dant in coelo Pater, Verbum et Spiritus Sanctus et hi tres unum sunt. Sanctus Dominus Deus Sabaoth. Plena est omnis terra gloria ejus. | 1 | Deux séraphins s’écrièrent l’un à l’autre : Saint est le Seigneur Dieu de Sabaoth. La terre entière est pleine de sa gloire. Il y en a trois qui témoignent dans le ciel : le Père, la Parole et l’Esprit Saint et ces trois-là ne font qu’un. Saint est le Seigneur Dieu de Sabaoth. La terre entière est pleine de sa gloire. |
D’après Marcel Bulteau, dans l’iconographie chrétienne du Moyen Âge, les séraphins étaient représentés comme des anges dotés d’ailes rouges, contrairement aux chérubins dotés de quatre ailes bleues. Ces séraphins chantent un extrait du chant du Sanctus, qui accompagne habituellement la liturgie de la messe, et qui proclame la victoire de Dieu.
- N°8 – Nisi Dominus
Nisi Dominus aedificaverit domum, in vanum aboraverunt qui aedificant eam. Nisi Dominus custodierit civitatem, frustra vigilat qui custodit eam. | 1 | Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain ; si l’Éternel ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain. |
Vanum est vobis ante lucem surgere: surgite postquam sederitis, qui manducatis panem doloris. Cum dederit dilectis suis somnum: | 2 | En vain vous levez-vous matin, vous couchez-vous tard, et mangez-vous le pain de douleur ; il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil. |
ecce haereditas Domini, filii: merces, fructus ventris. | 3 | Voici, des fils sont un héritage de l’Éternel, le fruit des entrailles est une récompense. |
Sicut sagittae in manu potentis: ita filii excussorum. | 4 | Comme les flèches dans la main d’un guerrier, ainsi sont les fils de la jeunesse. |
Beatus vir qui implevit desiderium suum ex ipsis: non confundetur cum loquetur inimicis suis in porta. Dox. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. … | 5 | Heureux l’homme qui en a rempli son carquois ! Ils ne seront pas confus, quand ils parleront avec des ennemis à la porte. |
- N°9 – Audi coelum
Audi coelum, verba mea plena desiderio, et perfusa gaudio. Echo: Audio. Dic, quaeso mihi: qua est ista quae consurgens ut aurora rutilat ut benedicam. Echo Dicam. Dic, nam ista pulchra ut luna electa ut sol replet laetitia terras, coelos, maria. Echo Maria Maria virgo ilia dulcis, praedicata de propheta Ezechiel porta orientalis. Echo Talis Ilia sacra, et felix porta, per quam mors fuit expulsa, introduxit autem vita. Echo Ita. Quae semper tutum est medium inter homines et Deum pro culpis remedium. Echo Medium | 9a | Écoute, ciel, mes paroles, pleines de désir et inondées de joie. Écho : J’écoute. Dis-moi, je t’en prie : Qui est-elle, celle qui brille comme l’aurore, lorsqu’elle paraît, que je la bénisse ? Écho : Je vais le dire. Dis-moi donc : belle comme la lune, distinguée comme le soleil, elle remplit d’allégresse la terre, les cieux, les mers. Écho : Marie. Marie, cette douce Vierge annoncée par le prophète Ezéchiel, porte de l’Orient. Écho : Elle-même. Cette porte sacrée et bénie.par laquelle la mort a été chassée et la vie réintroduite ? Écho : Cela même. Qui toujours est sûre médiatrice entre les hommes et Dieu, à nos péchés remède ? Écho : Médiatrice. |
Omnes hanc ergo sequamur, qua cum gratia mereamur vitam aeternam consequamur. Eco : Sequamur Praestet nobis Deus, Pater hoc et Filius, et Mater cuius nomen invocamus dulce miseris solamen. Eco : Amen Benedicta es, virgo Maria, in saeculorum saecula. | 9b | Suivons-la donc tous, elle dont la grâce nous vaudra la vie éternelle, suivons-la ! Écho. Suivons. Que Dieu nous l’accorde, le Père et le Fils, et la Mère aussi dont nous invoquons le doux nom, consolation des malheureux. Écho : Amen. Tu es bénie, Vierge Marie, dans les siècles des siècles. |
- N°10 – Lauda, Jerusalem
Lauda, Jerusalem, Dominum; lauda Deum tuum, Sion. | 1 | Rends gloire au Seigneur, Jérusalem, loue ton Dieu, ô Sion. |
Quoniam confortavit seras portarum tuarum; benedixit filiis tuis in te. | 2 | Car il a consolidé les verrous de tes portes: il a béni les enfants en ton sein. |
Qui posuit fines tuos pacem, et adipe frumenti satiat te. | 3 | Il a établi la paix à ta frontière et t’a remplie de la fleur du froment. |
Qui emittit eloquium suum terrae: velociter currit sermo ejus. | 4 | Il a envoyé son ordre sur la terre et sa parole court avec célérité. |
Qui dat nivem sicut lanam; nebulam sicut cinerem spargit. | 5 | Il fait tomber la neige blanche comme la laine et répand le givre comme de la cendre. |
Mittit crystallum suam sicut buccellas: ante faciem frigoris ejus quis sustinebit? | 6 | Il jette sa glace par morceaux et, devant sa froidure, les eaux se raidissent. |
Emittet verbum suum, et liquefaciet ea; flabit spiritus ejus, et fluent aquae. | 7 | Il envoie sa parole et les fait fondre. Il fait souffler le vent et les eaux coulent. |
Qui annuntiat verbum suum Jacob, justitias et judicia sua Israel. | 8 | Il a annoncé sa parole à Jacob, ses lois et ses ordonnances à Israël. |
Non fecit taliter omni nationi, et judicia sua non manifestavit eis. Alleluia. Dox. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. … | 9 | Il n’a pas fait ainsi pour aucune autre nation et ne leur a pas fait connaître ses ordonnances. |
- N°11 – Sonata sopra Sancta Maria
Sancta Maria ora pro nobis | 11 | Sainte Marie, prie pour nous |
- N°12 – Humnus
Ave maris stella, Dei mater alma Atque semper virgo Felix caeli porta | 12a | Salut, étoile de la mer, Mère nourricière de Dieu Et toujours vierge, Bienheureuse porte du ciel |
Sumens illud ave Gabrielis ore Funda nos in pace Mutans Evae nomen | 12b | En recevant cet ave De la bouche de Gabriel Et en changeant le nom d’Ève Établis-nous dans la paix |
Solve vincla reis Profer lumen caecis Mala nostra pelle Bona cuncta posce | 12d | Enlève leurs liens aux coupables Donne la lumière aux aveugles Chasse nos maux Réclamez-(nous) tous (ces) biens |
Monstra te esse matrem Sumat per te preces Qui pro nobis natus Tulit esse tuus | 12f | Montre-toi notre mère Qu’Il accueille par toi nos prières Celui qui, né pour nous, Voulut être ton fils |
Virgo singularis Inter omnes mitis Nos culpis solutos Mites fac et castos | 12h | Vierge sans égale, Douce entre tous, Quand nous serons libérés de nos fautes Rends-nous doux et chastes |
Vitam praesta puram Iter para tutum Ut videntes Jesum Semper collaetemur | 12j | Accorde-nous une vie innocente Rends sûr notre chemin Pour que, voyant Jésus, Nous nous réjouissions éternellement |
Sit laus Deo Patri Summo Christo decus Spiritui sancto Tribus honor unus Amen. | 12k | Louange à Dieu le Père, Gloire au Christ Roi Et à l’Esprit saint, À la Trinité entière un seul hommage Amen |
- N°13 – Magnificat
Magnificat anima mea Dominum : | 13a | Mon âme exalte le Seigneur, |
Et exsultavit spiritus meus in Deo salutari meo. | 13b | Exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! |
Quia respexit humilitatem ancillae suae: ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes. | 13c | Il s’est penché sur son humble servante ; Désormais, tous les âges me diront bienheureuse. |
Quia fecit mihi magna qui potens est: et sanctum nomen ejus. | 13d | Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom. |
Et misericordia ejus a progenie in progenies timentibus eum. | 13e | Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. |
Fecit potentiam in brachio suo: dispersit superbos mente cordis sui. | 13f | Déployant la force de son bras; Il disperse les superbes. |
Deposuit potentes de sede, et exaltavit humiles. | 13g | Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. |
Esurientes implevit bonis: et divites dimisit inanes. | 13h | Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. |
Suscepit Israel puerum suum, recordatus misericordiae suae. | 13i | Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour, |
Sicut locutus est ad patres nostros, Abraham, et semini ejus in saecula. | 13j | De la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa descendance, à jamais. |
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. (Dox.) | 13k | |
Sicut erat in principio, et nunc, et semper, et in saecula saeculorum. Amen. | 13l |